I – Smashwords, qu’est-ce que c’est ?

    Considérée comme la plus grande plateforme d’autoédition au monde d’après ses propres dires, Smashwords, entreprise américaine opérant depuis 2008, est une société d’auto-publication s’adressant principalement aux auteurs indépendants – tels que moi et bien d’autres – désireux de faire leurs premiers pas dans le milieu, très concurrentiel de l’écriture.

 
 

  En gros, que puis-je y trouver d’intéressant ?

 
  • Tout ce dont est supposé rêver un écrivain débutant à la recherche d’un premier outil pour débuter une “carrière” d’auto-éditeur dans le vaste monde du web.
 
  • Une plateforme de publication complète, permettant de publier rapidement un ouvrage de presque n’importe quel type ou genre. 
  •  Un service client efficace, rapide et assidu dans sa tâche d’assister les écrivains en difficulté. 
 
  • Toute une panoplie d’outils complémentaires – système de “coupons de réduction”, circuit de redistribution à plusieurs librairies en lignes comptant parmi les plus connus, fichiers PDF assistant dans la délicate tâche du formatage, guides marketing ou encore l’option “compte agent” permettant de publier plusieurs auteurs et leurs ouvrages séparément – constituent autant de gadgets et autres sources d’aide potentielle pour tout nouvel auteur.
 

 
 

  Smashwords est-il le seul ?

 
  • Certainement pas ! Smashwords ne détient pas le monopole de l’autoédition en ligne et doit continuellement faire face à de nombreux concurrents – internationaux (Amazon Kindle, Draft2Digital,  Booktango…) ou locaux (Youscribe en France, par exemple). 
 
  • Il convient néanmoins de souligner un point important : Smashwords redistribue, en fonction des choix de l’auteur, les œuvres de celui-ci à de nombreuses autres plateformes de vente de livres en ligne (Apple, Barnes & Nobles, Kobo…et même Amazon en quantités limitées).
  •  Et bien que ces librairies puissent être consultées et utilisées comme plateformes d’autoédition sans la médiation de Smashwords, ces dernières ne constituent pas pour ainsi dire de véritables concurrents pour Smashwords.
 

 
 
 

 II – Mon expérience avec Smashwords

 

A- Les Intérêts :

 1. La redistribution :

 Comme je l’ai spécifié ci-dessus, Smashwords m’a principalement convaincu, du moins dans un premier temps, grâce à la possibilité d’ajouter son livre à leur “Smashwords Premium Catalog”, son dense réseau de diffusion à un nombre non négligeable de librairies en ligne, dont certaines constituent ni plus ni moins les plus grandes dans leur domaine et lieux géographiques (IBooks présents de 51 pays, Barnes & Nobles dominant le marché US…).

 

 Ce même réseau concentre également plusieurs sous-plateformes et applications davantage localisées à l’échelle nationale, telles que la FNAC en France (utile pour les auteurs français) ou encore WHSmith chez nos voisins britanniques.

 

 Inutile de vous rappeler qu’il peut être difficile, dans le sens chronophage, de s’affairer à s’inscrire sur chaque plateforme de vente potentielle ; passer par un intermédiaire tel que Smashwords est incontestablement un gain de temps énorme pour un auteur débutant qui a autre chose à faire que galérer pour rendre ses ouvrages accessibles !

 

 
 
 

 2. La liberté de choix : 

Le choix du prix de son livre, des librairies auxquelles on souhaite (ou pas) le faire distribuer, des redevances & royalties plutôt avantageuses (jusqu’à 80%), la possibilité de vendre en eBook tout comme en édition imprimée, choisir soi-même la taille de l’extrait gratuit ou encore proposer la distribution de livres gratuitement (très difficile sur Amazon).

 
 

 3. Les outils annexes : 

 

– Système de précommande à l’image de celui d’Amazon. 

 Trois types de comptes : author, publisher & agent, ces deux derniers permettant de créer les profils virtuels (“ghost accounts”) de plusieurs auteurs, et donc de publier leurs livres respectifs séparément.
 

– Le “Smashword Style Guide”, PDF ultra complet de 113 pages dont la lecture vous assure de devenir un pro du formatage. Perso, si je n’avais pas eu accès à ce dossier explicatif, j’aurais publié mon premier livre infesté de sautes de paragraphes, de tabulations, de liens corrompus et autres défauts de style qui l’auraient rendu illisible, et pas seulement sur Smashwords !

 
 

 4. L’assistance fournie : 

  • Je n’ai personnellement pas eu de problème avec le service client de Smashwords, et ce malgré les nombreuses plaintes que j’ai pu détecter sur d’autres blogs semblables au mien. 
  • Réactivité (moins de 24h pour répondre à un mail dans le pire des cas), politesse et assistance complète pour n’importe quel type de problème. Et ce, sans avoir pour autant à perdre des heures pour choisir un type de question ultra-précis à poser dans le formulaire de contact présent au bas de chaque page du titre. De ce côté-là, rien à redire !
 
 
 

 B – …Mais aussi de gros défauts !

 
 

 1. L’ergonomie aux fraises : Qu’est-ce qui est pire qu’un site avec un design vieux de 20 ans, et des articles indigestes dépourvus d’images et longs de 3 kilomètres sur CHAQUE page d’explication ou d’aide ?

 Oui, vous avez deviné : un système de recherche de livres qui ne fonctionne que par les mots-clés. Impossible de rechercher par popularité, par vente ou par date de publication. Pas très pratique quand on cherche à se faire connaitre, ou simplement à découvrir des nouveautés à se procurer !

 
 

 2. La barrière Anglo-Reste du monde : Le site est intégralement en anglais, ce qui est légèrement frustrant pour ceux pour qui la lecture de certains supports fournis par Smashwords (Guide de formatage, questionnaire fiscal…) serait plus qu’utile, sans pour autant parler un anglais parfait…c’est-à-dire presque tout le monde !


 A noter que le Guide du Formatage est disponible dans 3 autres langues (dont le français) depuis 2011, mais il s’agit bien du seul contre-exemple à ma connaissance à l’heure actuelle. Il m’a d’ailleurs fallu entrer le mot “Smashwords style guide” dans Google, initialement à la recherche de l’image ci-dessous, pour trouver le guide traduit en question !

 
 

 3. Le “Hachoir à viande” : Le “Meatgrinder” est un algorithme automatique qui permet à chaque auteur souhaitant intégrer la chaîne de redistribution (Smashwords Premium Catalog, soit le plus gros point fort de la plateforme) de convertir automatiquement le contenu du livre en d’autres formats (ePUB, PDF…), nécessaires à l’acceptation du livre dans les catalogues respectifs des partenaires de Smashwords. Il permet aussi, via l’AutoVetter, d’avertir l’auteur des éventuelles erreurs qui pourraient contrarier, voire empêcher la lecture du produit fini.

 Le concept est à saluer, mais c’est malheureusement là que les choses se gâtent : le Meatgrinder est particulièrement capricieux, et il n’est pas rare pour un auteur (ce qui fut mon cas) de passer plusieurs jours entiers à s’arracher les cheveux, noyé dans les rapports d’erreurs renvoyés incessamment par l’EpubChecker, bloquant d’office l’intégration du livre dans le catalog premium.

 Et vue l’ergonomie plutôt mal foutue du site, il serait bête de ne pas profiter de la diffusion sur de multiples plateformes à forte fréquentation, là où la publication limitée au seul site de Smashwords n’apporte pas vraiment de plus-value en matière de chances de vente…


 Pour ma part, il m’a fallu reformater intégralement mon contenu (à DEUX REPRISES) pour qu’il soit finalement accepté. Je n’avais, heureusement, qu’une soixantaine de pages à formater, ce qui m’a permis de ne pas perdre trop de cheveux ! Mais pour ceux qui ont moins de chance et ne trouvent pas eux-même solution, les chances d’en devenir complètement chauve sont exponentielles !

 
 

 4. Le système fiscal : Le TIN, ça vous dit quelque chose ? Il s’agit du “Tax Identification Number”, un numéro d’identification fiscal dont chaque Américain dispose. Et bien entendu, cela n’est pas forcément la même chose pour les étrangers !


 Afin de pouvoir percevoir les royalties de vos ventes sur Smashwords et son réseau de diffusion, il faut faut remplir plusieurs questionnaires fiscaux, dont les liens sont donnés par Smashwords, afin de formuler une demande de TIN auprès de l’IRS (Internal Revenue Service) et obtenir votre numéro fiscal américain. La procédure est longue, les documents à fournir nombreux…et le tout se fait par la poste ! Oui oui, par la poste. Les mails n’existent pas encore chez eux…

 Après, il est aussi possible de sauter ces étapes et de remplir un formulaire avec votre propre numéro fiscal, si votre pays fait partie de ceux qui en attribuent un à chacun de ses citoyens (ce qui est le cas de la France). Vous n’avez qu’un formulaire à remplir, sans pièces jointes et à envoyer à Smashwords…également par la poste !

 Mais sachez que Smashwords ne dispose pas encore d’un logiciel permettant de reconnaître une donnée fiscale étrangère ! Je me suis permis de leur poser la question, et il se trouve que cela sera possible prochainement (entendez par là “dans 6 mois à 1 an”). En gros, il vous faut attendre que cela soit possible. En attendant, vos revenus restent entre les mains de Smashwords…

 Sinon, il faut soit prendre son courage (et sa patience) à deux mains et endurer la fastidieuse procédure d’obtention d’un numéro fiscal, soit ne pas s’embêter à remplir les données fiscales…et voir les 30% de retenue fiscale prélevées sur tout revenus aux USA déduit de vos redevances si durement gagnées !

 Pas génial, surtout quand on sait qu’en remplissant les questionnaires correctement, l’accord fiscal entre la France et les USA réduit ce taux à…0% ! C’est le genre de chose qui vous fait regretter Amazon, la gestion de la fiscalité y passe pour un jeu d’enfant à côté de ça…

 
 

  Conclusion :

 

 Smashwords est un outil prometteur, plein de potentiel et plutôt attirant au premier regard.

 Mais avec son ergonomie douteuse, son isolationnisme linguistique et ses exigences parfois laborieuses à respecter, cette plateforme n’est pas facile à maîtriser et ne constitue pas la meilleure opportunité pour les nouveaux arrivants.

 Smashwords abrite plusieurs dizaines de milliers d’auteurs, mais n’offre pas aux plus récents l’exposition dont ils pourraient, et devraient bénéficier. Avec un système de recherche restreint aux mots-clés, seuls les auteurs déjà célèbres, ayant l’écriture de livres aux titres déjà connus à leur actif, disposent d’une véritable chance d’y percer et de squatter en tête des ventes […].

 
 

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